Doudou mon Doudou !

Ah le doudou…!!! Cette petite chose si précieuse pour certains, si rassurante pour d’autres, qui semble ne plus avoir de secrets pour aucune de nous, mérite bien quand même que l’on s’y intéresse de plus près, ne serait-ce que pour les futures mamans qui nous entourent ou pour les toutes nouvelles utilisatrices (ce qui est mon cas) !

Tout d’abord qu’est-ce qu’un doudou et à quoi sert-il ?

doudoulapinDéfinition :  le doudou est un objet transitionnel grâce auquel l’enfant va pouvoir se détacher progressivement de l’objet de son attachement : sa mère.

Mais que tout cela est bien barbare comparé à la douceur qu’il véhicule !!!

C’est pourtant bien ce qu’il est, un objet (peluche, tissus, jouet, tétine etc.) qui incarne aux yeux de l’enfant la présence rassurante de sa maman.

Rentrons maintenant, si vous le voulez bien, dans les détails pour en comprendre un peu mieux les fondements.

Dans ses premiers mois de vie l’enfant est dans une phase que l’on nomme « d’illusion » vis à vis de sa mère principalement. Il n’a pas encore conscience des limites de son propre corps, et sa mère n’est pour lui qu’une extension de lui même. Il pleur s’il a faim, et comme par magie, le sein (ou le biberon) arrive en réponse quasi immédiate. Il a donc le sentiment d’avoir créé cela de lui même, il est dans « l’illusion »

Petit à petit il va passer de cette phase à celle de la « désillusion » et prendre ainsi conscience de la réalité ! Et oui pas facile la vie de bébé !!! Il va se dissocier peu à peu de sa mère, mais il va également prendre conscience, avec angoisse, de sa dépendance vis à vis d’elle. On parle alors de passage du subjectif à l’objectif. Dans cette phase de désillusion l’objet transitionnel peut alors faire son apparition (souvent entre 4 et 12 mois). L’enfant va choisir un objet transitionnel pour doudou et ce sera alors un signe important d’évolution.

Il existe des doudous « objet » (peluches, jouets, tissus, vêtements , tétines…) mais l’enfant aura parfois recoure à un doudou « psychique » (intérieur) en choisissant par exemple, un livre (et son histoire) qui le rassure, ou encore un souvenir qu’il invoquera pour se réconforter.

Quoi qu’il en soit ce doudou sera son choix et lui donnera une sensation de contrôle, ce même contrôle qu’il a perdu en réalisant que le sein ou le biberon n’arrivaient pas à sa bouche de son propre fait. Ce tendre doudou sera aussi et surtout son remède contre l’angoisse de séparation d’avec l’objet maternel ! 

Mais alors pourrait-on considérer que les enfants sans doudou auraient gardé leurs mamans comme objet d’attachement ? Il est fort probable, que ce soit le cas. A l’observation de certains groupes d’enfants, on constate que les enfants sans doudou sont souvent des enfants qui ont gardé (quotidiennement) leurs mamans à leurs côtés plus tardivement que les autres et/ou des enfants qui ont été allaités également plus tardivement. Le sevrage affectif n’est alors pas encore effectif. Dans ce cas il est fréquent que l’école enclenche de fait ce sevrage.  J’en ai, pour ma part, fait l’expérience en cette rentrée des classes ! Le doudou a fait son apparition dans les bras de mon bout’chou (à sa demande) après quelques semaines difficiles. Mais une fois le doudou choisi et adopté son angoisse de la séparation du matin a été calmée, plus de pleurs, plus de larmes, les « Je veux ma maman » ont été remplacés par « À ce soir maman ! » et par un beau sourire rempli de fierté !

Mais dans tout ça qu’advient-il de la maman ??? Existe-t-il des doudous ou autres objets transitionnels pour les SuperMams ?!?!?!

Ah oui j’oubliais, une dernière petite chose pour les novices du doudou :  un doudou est très TRES vite perdu, surtout quand on n’a pas pris l’habitude de le balader partout. Suivez le conseil avisé des SuperMams expérimentées  : prévoyez un doudou « bis » même si l’on sais qu’un doudou est souvent irremplaçable ! Sachez aussi qu’il existe un site internet « sos doudou » ou les doudous égarés et/ou retrouvés font l’objet de petites annonces, très malins et tellement simple !! Bravo à ceux qui y ont pensé !!!

Enfin voici quelques lectures pour celles qui voudraient aller encore plus loin :

Le Dr Donald Wood Winnicott (pédiatre, psychiatre et psychanalyste anglais) fut le premier à parler de l’objet transitionnel ainsi que des phénomènes transitionnels au début des années 50. Voici deux de ses ouvrages

La mère suffisamment bonne, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot » 

Les objets transitionnels, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 

Bonne lecture et câlinez bien !!