Langues étrangères et bilinguisme précoce, l’avenir de nos enfants !

Je suis sûre que les SuperMams que vous êtes ont sûrement déjà du faire un jour ce souhait : « Faites que mon enfant aime les langues étrangères !!! » Vous avez raison, il faut se rendre à l’évidence, les temps actuels sont au plurilinguisme et l’apprentissage des langues étrangères en devient incontournable. Aie Aie Aie… je vous entends déjà grincer des dents et souffrir pour vos bambins !! Mais pourquoi votre expérience passée (si mauvaise elle fut!) devrait-elle être la leur ? N’existe t-il pas des solutions pour acquérir ces langues étrangères de façon plus simple, plus naturelle et plus aisée ? Et bien je vous propose de mettre vos préjugés de côté et de prendre quelques instants en ma compagnie pour rentrer dans le vif du sujet.

globeÀ l’heure ou les échanges professionnels et sociaux se font à travers le monde, le plurilinguisme, ou tout au moins le bilinguisme, sont des pré-requis à bien des postes et bien des mises en contact . Au vue de ce constat, il est légitime de se demander pourquoi, les langues étrangères sont proposées si tard à nos enfants ? La réponse se trouve peut-être dans certaines publications (dans les années 60) qui émettaient l’hypothèse que l’introduction trop précoce d’une seconde langue dans les apprentissages de l’enfant se faisait forcement au détriment de la première et entrainait des retards cognitifs. Une autre réponse se trouve probablement dans l’aspect logistique et financier que l’enseignement précoce engendrerait à notre chère éducation nationale  ! Pourtant lorsque l’on à la chance d’observer des enfants nés et élevés dans une cellule familiale bilingue, on se rend très vite compte de la facilité déroutante avec laquelle ils comprennent et parlent les deux langues tout à fait naturellement. Cette preuve par l’exemple à été renforcée par des  études récentes menées par des neuroscientifiques qui nous donnent enfin aujourd’hui un nouvel éclairage. Ces études sont nombreuses et mettent en avant les bienfaits, tout aussi nombreux, de ce bilinguisme précoce.

Mais qu’est-ce qu’un bilinguisme précoce?

On peut utiliser ce terme de bilinguisme précoce pour un enfant qui apprend deux langues dès la naissance, ou pour un enfant qui apprend une seconde langue avant que la première ne soit acquise. L’introduction de cette seconde langue devant être idéalement entre 0 et 3 ans, période durant laquelle les apprentissages sont les plus fructueux, les cellules nerveuses du cerveau étant en pleine expansion. A contrario on parlera de bilinguisme tardif si la deuxième langue est introduite dans les apprentissages de l’enfant après 6 ans.

En effet avant 6 ans (particulièrement entre 0 et 3 ans) l’enfant construit son langage et découvre le monde à travers ce dernier. Que ce langage initial soit constitué d’une ou deux langues ne change rien à la complexité de l’acquisition, la flexibilité de son cerveau lui permet cela aisément. En revanche, cela change tout quant au résultat, car toutes langues présentes dans ses apprentissage durant cette période (avant 6ans), fera naturellement partie de son langage initial. Après 6 ans, il n’acquière plus un langage mais il apprend des langues en passant pour cela par son langage initial, ce qui en complexifie considérablement l’acquisition et la rend plus fastidieuse.

Quels en sont les bienfaits ?

Les bienfaits de ce bilinguisme précoce, mis à jour par ces recherches récentes , sont pourtant éloquents et dépassent le simple fait de parler une langue supplémentaire :

– Il augmente les capacités d’adaptation de l’enfant en développent le passage naturel d’une langue à l’autre, on parle de flexibilité cognitive.

– Il permet une meilleure concentration en développant une attention plus sélective.

– Il améliore la créativité en permettant à l’enfant de mieux comprendre les concepts abstraits, on parle ici de mobilité conceptuelle.

– Il accroit l’ aptitude à résoudre des problématiques

– Il ouvre l’esprit à d’autre systèmes de pensée et à d’autres cultures.

Quelles en sont les conditions favorables ? 

Si l’enfant à la chance de naitre dans une cellule familiale bilingue et que les deux langues y sont pratiquées, les conditions idéales seront naturellement présentes et le bilinguisme sera dans la majorité des cas réussi.

Si l’enfant nait dans une cellule familiale monolingue, l’acquisition de la seconde langue passera souvent par une structure externe. Dans ce cas certaines conditions se posent pour arriver à résultat positif.

La précocité :  Il est nécessaire que l’introduction de la deuxième langue soit faite dès la maternelle pour exploiter les capacités acquisitionnelles de l’enfant.

L’équilibre : Les deux langues doivent êtres pratiquées de façon la plus équilibrée possible

L’intensité et la continuité : L’enfant doit être exposé à la seconde langue de façon riche et continue et ce de la petite enfant jusqu’à l’université sans interruption.

Pas de « cours de langues » : L’apprentissage de cette deuxième langue doit être lié à toutes sortes d’activités du quotidien et doit ainsi être pour l’enfant utile à tout . L’apprentissage ne doit pas être une fin en soi.

Idéalement enseigné par des natifs de la langue.

Conditions affectives favorables : Le bilinguisme acquis en dehors de la cellule familiale doit l’être avec un enseignent qui sait reproduire un environnement affectif favorable.

Que vous propose-t-on aujourd’hui ?

Nous sommes bien loin ici du modèle éducatif proposé en France me direz vous ! Il est vrai que même si l’introduction de la seconde langue (l’anglais en l’occurrence) à été avancée au CP dans la plupart des établissements publics, nous sommes encore loin de compte, tant quant à la précocité qu’à l’équilibre des deux langues.

Mais il existe des solutions, ne baissez pas d’avance les bras !

Des ateliers des langues proposent des apprentissages précoces très ludiques. Pensez également à diffuser à vos enfants leurs vidéos préférées en VO, ils s’y retrouveront bien mieux que vous ne pouvez l’imaginer. Lire des livres en anglais c’est aussi une façon très sympa de baigner vos bambins dans la musicalité d’une autre langue. Les voyages sont bien sûr une source formidable d’enrichissement linguistique. La jeune fille au pair pour avoir une exposition quotidienne à la seconde langue choisie, est aussi une méthode tout à fait honorable, même si effectivement la meilleure solution sera d’avoir recours à des établissements privés qui proposent un bilinguisme dès la maternelle, voir même un trilinguisme pour certains, Ces établissements ont un coût, parfois important pour le budget de la famille mais l’avenir de nos enfants mérite bien qu’on étudie cette possibilité non ?

Aller les SuperMams have a nice day !!

Pour aller plus loin :

WALLACE E Lambert :  Père de la recherche linguistique

DALGALIAN, G. 2000. Enfances plurilingues.Témoignage pour une éducation bilingue et plurilingue. Paris :Harmattan.

GENESEE Fred (2001) Trends in bilingual acquisition. Amsterdam:John Benjamins

PETIT, J. 2001 L’immersion, une révolution.. Colmar : J. D. Bentzinger Editeur